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Les nano particules dans les crèmes solaires

Lorsque nous avons effectué nos recherches sur les crèmes solaires il y a quelques années, nous avons systématiquement exclu les crèmes portant la mention [nano] dans leur composition, en privilégiant les compositions sans nano-particules. Cependant, depuis lors, de nombreuses références que nous avions sélectionnées ont été étiquetées [nano].

Qu’est-il arrivé exactement ?

L’ANSES

En 2014, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié un avis concernant l’utilisation des nanomatériaux manufacturés présents sur le marché. Elle a souligné la nécessité d’évaluer les risques à grande échelle, notamment dans les crèmes solaires, les textiles, les aliments, les peintures, l’industrie automobile et les produits de santé.

Selon cet avis, “La présence de nanomatériaux dans ces produits soulève des questions, mais également des controverses portant sur l’état des connaissances disponibles, les effets éventuels de ces matériaux sur la santé et l’environnement, l’exposition de la population générale et professionnelle et, in fine, sur les risques associés à ces substances.”

COSMEBIO

Depuis 2022, les marques répondant aux critères du label Cosmebio sont tenues d’indiquer la mention [nano] dans la liste INCI de leurs produits.

Voici l’information complète que nous avons reçue :

“Depuis 2022, le label Cosmébio exige que tous ses adhérents affichent la mention [nano] dans la liste INCI de leurs produits solaires, même s’ils sont en possession d’un certificat « non nano » de leur fournisseur et quel que soit le test effectué, en raison de trop d’incertitudes sur les mesures et les résultats obtenus pour définir le caractère nano d’une matière première.”

En raison de cette nouvelle réglementation, les marques qui s’efforcent de se fournir en filtres minéraux supposés non nano se retrouvent donc obligées d’apposer la mention [nano] sur leurs emballages.

Les nano particules dans les crèmes solaires

Une nanoparticule est une particule de forme ronde dont la taille est inférieure à 100 nm.

Pour la fabrication de produits cosmétiques, chaque marque reçoit des fiches techniques correspondantes pour chaque ingrédient de la part de ses fournisseurs. En ce qui concerne les filtres UV minéraux, les fournisseurs doivent préciser la présence ou l’absence de nanoparticules. Pour cela, différentes mesures sont effectuées, mais il n’existe pas de méthode de test officielle. Les méthodes les plus courantes sont la microscopie électronique à balayage (MEB) et la diffusion de la lumière (DLS).

La méthode MEB (microscopie électronique à balayage)

Cette méthode consiste à balayer la surface de l’échantillon à mesurer avec un faisceau d’électrons très fin afin de visualiser les structures présentes.

“La méthode MEB est une technique permettant de visualiser la surface de structures massives, l’échantillon apparaissant en volume. Un microscope électronique à balayage utilise un faisceau d’électrons très fin qui balaie, point par point, la surface de l’échantillon à observer.”

Cette méthode est précise et fournit des résultats plutôt fiables pour les échantillons donnés. Cependant, elle est critiquée car elle pourrait détruire les agglomérats de particules lors du balayage, ce qui peut conduire à la mise en évidence de nanoparticules qui ne seraient pas présentes à l’état final du produit.

Cette méthode est fiable lorsqu’il s’agit de mesurer des particules « simples » et non agglomérées.

La méthode DLS

Cette méthode est basée sur le mouvement des particules, où les petites particules se déplacent plus rapidement que les grandes dans un liquide. La lumière diffusée par les particules contient des informations sur la vitesse de diffusion et donc sur leur taille.

Cette méthode est non destructive, mais les tests effectués sur des échantillons connus ont montré un écart de mesure assez important.

Comparaisons de résultats de mesure entre différentes méthodes

https://pastel.archives-ouvertes.fr/tel-01102461/document

Ces mesures sont-elles fiables ?

On pourrait penser qu’il suffit de réaliser des mesures sur toutes les crèmes solaires existantes pour savoir si elles contiennent des nanoparticules ou non. Mais ce n’est pas si simple.

Dans les produits cosmétiques, il est fréquent de trouver des nanoparticules enrobées, ce qui augmente leur taille finale pour qu’elles ne soient plus considérées comme nano. On y trouve également des agglomérats de particules, c’est-à-dire des regroupements de nanoparticules collées les unes aux autres, qui forment ensemble une structure plus grande et ne sont donc plus considérées comme nano.

Certaines marques mettent en avant ces formes afin de souligner que leurs nanoparticules ne sont pas réellement nanométriques et ne présentent donc pas les mêmes problèmes.

La méthode MEB est controversée car elle détruirait ces agglomérats et enrobages, ce qui mettrait en évidence des nanoparticules qui ne seraient pas présentes à l’état final du produit. Quant à la méthode DLS, elle ne fait pas la distinction entre les particules isolées, les agglomérats, les enrobages ou simplement les particules rapprochées.

Il est donc possible d’obtenir à la fois des faux négatifs et des faux positifs.

Conclusion

Il est très probable que la plupart des crèmes solaires contiennent des nanoparticules, mais pas nécessairement celles que l’on soupçonne, tandis que d’autres ne contiennent pas nécessairement de nanoparticules, bien qu’elles soient obligées d’indiquer leur présence, on marche sur la tête !

L’indication [nano] n’est donc absolument pas fiable, nous ne prenons donc pas ce critère en compte dans notre sélection de crèmes solaires.

Retrouvez notre sélection de crème solaires : https://sousletiquette.com/index.php/2023/06/09/creme-solaire-laquelle-choisir/

Trouvez l’intégralité des sources de cet article sur notre article principal : Crème solaire, laquelle choisir ?

Rédaction : Anne Jouan

Crédit photo : Hassan OUAJBIR

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